La lutte contre les souffrances au travail démarre à petits pas

On connaissait le slogan présidentiel « Travaillez plus pour gagner plus. » Les Varois, et plus particulièrement les salariés et les chefs d'entreprise, vont en découvrir un autre : « Le bien-être au travail, ça se gagne ! »
Ce slogan pourrait surprendre, s'il n'était accompagné de trois forts messages de prévention, adressés au personnel et aux employeurs : « Oser dire, savoir écouter, et prévenir ensemble. » Il n'est pas signé de Nicolas Sarkozy, mais du Comité départemental de la lutte contre les souffrances au travail. Par souffrances, entendez : harcèlement, stress ou encore violences.
Plaquette de prévention
La Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DDTE FP), associée aux partenaires sociaux (1), signe ainsi sa première campagne varoise de sensibilisation des acteurs du monde de l'entreprise, par le biais d'une plaquette. Soit tout juste un an après s'être constitué en comité.
Le but précis des trois groupes de travail, constitués autour de trois dominantes des risques psychosociaux (harcèlement, violences au travail et stress) : sensibiliser l'ensemble des acteurs de l'entreprise (2) à ces risques, notamment au travers de la formation.
Comment ? En pointant du doigt les conséquences pour les salariés et les employeurs, et en livrant des pistes de solutions - pas miraculeuses, mais plutôt constructives (lire l'encadré ci-dessous).
La loi requiert le bien-être
« Ces risques psychosociaux sont mal connus, autant par les employeurs que par les salariés », a souligné hier, lors d'un point presse, Gérard Rousseau, directeur adjoint de la Direction départementale du Travail. Or nul n'est censé ignorer la loi, et précisément celle du 17 janvier 2002, adaptée au sein du nouveau Code du travail : « Avec ce texte, la santé au travail est passée de la notion d'absence de pathologie à celle de bien-être physique, mental et social. L'employeur est désormais soumis à l'obligation d'intégrer les risques psychosociaux dans l'évaluation des risques de l'entreprise ». Or, « ces risques, à effet différé, sont encore moins connus et moins évalués que les autres », ajoute Gérard Rousseau. « Cela ne se voit pas, les conséquences ne sont pas immédiates, cela est difficile à traiter », explique-t-il. Il ne cache pas « la complexité de ces facteurs psychosociaux, non quantifiés statistiquement, et aux causes multiples ».
« Le Var pas mal loti »
Tout au long de leurs travaux, les membres du comité ont pris soin de « ne pas stigmatiser l'entreprise ».
Gérard Rousseau et Gérard Cerruti, président de l'UPV, estiment d'ailleurs que « le Var n'est pas un département mal loti sur ce plan-là ». Mais sans données chiffrées, et sans communication d'un état des lieux précis des trois groupes de travail, il semble difficile de s'en convaincre.
Les médecins du travail attestent d'une montée en puissance des consultations : « Le temps de consultation augmente, et sur douze personnes rencontrées en une demi-journée, deux abordent le volet de la souffrance au travail », constatent Dominique Guffond et Annie Choquet.
1. L'Union patronale du Var (UPV), l'Union professionnelle de l'Artisanat, les syndicats professionnels et des salariés, la médecine du travail, les inspecteurs du travail, les ingénieurs de la Caisse régionale d'assurance-maladie, le conseil général.
2. Les chefs d'entreprise, les cadres, l'encadrement intermédiaire, les salariés et les acteurs de l'environnement de l'entreprise.
source: var matin



