Le comité consultatif des sports suscite des craintes

La charte de la qualité des sports, feuille de route du comité consultatif des sports, a été validée mardi dernier.
En lançant le comité consultatif des sports, la municipalité a-t-elle programmé la disparition de l'office seynois des sports (OSDS) ? Le comité consultatif, porté par l'adjoint aux sports Toussaint Codaccioni, a été entériné au conseil municipal vendredi 12 juin. Mais pas tout à fait comme une lettre à la Poste. La principale opposition s'est manifestée... depuis le banc de la majorité.
L'adjoint de quartier, Martial Leroy, a en effet voté contre la délibération, tandis que son collègue conseiller municipal, Bernard Trouchet, s'est abstenu. « Je m'interroge sur le devenir de l'office seynois des sports. C'est une association que nous subventionnons pour faire le même travail que le comité consultatif des sports. Il aurait peut-être simplement suffi d'aider l'OSDS à faire fonctionner ses commissions », est-il intervenu.
« Le comité consultatif travaillera avec l'OSDS à des projets communs. Mais le comité a vocation à faire vivre la démocratie locale et l'OSDS n'avait pas la possibilité de le faire », a répliqué Toussaint Codaccioni.
Hors conseil, Martial Leroy, qui fut également adjoint aux sports sous la municipalité de Maurice Paul (PCF) en 1995-2001, persiste et signe : « Je connais bien l'OSDS et je pense qu'il aurait mieux valu le soutenir plutôt que de créer un comité parallèle. Quand on multiplie les structures, on court à la catastrophe ».
« Double emploi »
Du côté des principaux intéressés, on craint que ce nouveau satellite piloté par la ville ne fasse effectivement « double emploi ». « Ce serait dommage que cela nous mette en concurrence. L'OSDS possède déjà des commissions, y compris celles concernant les installations sportives et les subventions », commente Delphine Vilasi, membre du bureau de l'OSDS. « Notre association a la capacité de s'occuper de tout ce qui touche au sport dans la commune. C'est une structure de concertation indépendante du pouvoir politique et sportif », poursuit Jean Passaglia, son président, également ancien adjoint aux sports sous les mandats de Toussaint Merle, Philippe Giovanini et Maurice Blanc (PCF), de 1950 à 1983.
L'OSDS revendique plusieurs décennies d'expérience. Fondé en 1948, l'office municipal des sports, est devenu office du sport en 1992, puis office seynois des sports en 1996.
Fragilité financière
Mais, depuis plus de vingt ans, l'association est soumise aux aléas des municipalités en place. « Il y a eu une bataille très ancienne contre l'ancien maire Charles Scaglia (UDF-RPR) qui nous interdisait d'utiliser les installations municipales pour organiser des rencontres. Puis, on nous a coupé notre subvention de plus de la moitié : Maurice Paul nous donnait 20 000 euros, Arthur Paecht (UMP) l'a réduite à 8 000 euros. Actuellement, nous touchons 7 500 euros avec la baisse du budget de 7 % aux associations », résume le président.
Déjà fragilisé financièrement, l'OSDS s'inquiète de « subir un nouveau contrecoup ». Et s'interroge : « Est-ce qu'on ne va pas encore nous enlever notre subvention au profit du comité consultatif ? ». Toussaint Codaccioni réfute en avoir l'intention. « Le comité restera un groupe de bénévoles », affirme-t-il.
Si les dirigeants de l'OSDS n'ont pas souhaité siéger aux commissions du comité consultatif (1), ils ne veulent pas non plus « fermer la porte » aux discussions. « Nous avons transmis à la municipalité les études réalisées dans nos commissions et attendons les retours », conlut Alain Duvault, membre du bureau.
1. Certains y siègent en tant que responsables de club, mais pas au titre de l'OSDS.
source: Marielle Valmalette - var matin


