La Fiancée du Bouddha
de Carole Victoire Wattinne
La Fiancée du Bouddha... Est-ce un conte de fées, un conte de fous ? Non, c’est une histoire vraie. Elle, la Fiancée, c’est Nuage, quatorze ans. Lui, le Bouddha, c’est la Vie. Ils s’entendent à merveille. Mais trop vraie sans doute, insupportable et différente, Nuage dérange. Pour la « normaliser », sa famille la confie à une médecine dure, la psychiatrie. « Juste un mois », lui dit-on, « en guise de leçon ». Le mois dure onze ans.
C’est un peu le parcours du Petit Prince en enfer. Vous verrez Nuage se battre, tomber, se remettre sur pied, créant des mondes imaginaires puissants pour survivre dans ce drôle de théâtre interprété
par des psychiatres et autres fous bizarres.
Mais quand on est La Fiancée du Bouddha, on est aussi l’épouse de l’espoir. Nuage s’en tire, solide comme une biscotte, elle s’évade et gagne.
Ce livre étonnant nous surprend sans cesse. Le tragique de l’histoire, la cruauté des faits sont rendus au spectacle. On arrive à s’en amuser. S’il dénonce un système psychiatrique aux « bienfaits » très limités, c’est à l’aide d’une poésie mordante, de changements de tons et de registres, d’un merveilleux théâtre qui se joue du malheur, pour mieux révéler le vrai tragique, celui de la perte de notre humanité. Soigne-t-on la vie en l’enfermant ? Non. Comme le dit magnifiquement Boris Cyrulnik :
« C’est la culture qu’il faut soigner. »



La Fiancée du Bouddha
