Au Gai Versant, la petite maison trop près du chantier des HLM

Photo : Olivier Marino
Le chantier de la résidence du Gai Versant (74 logements sociaux) pousse juste sous les fenêtres de la villa des Zoldi. Le couple de personnes âgées se dit exténué des nuisances quotidiennes provoquées par les travaux.
Le quotidien très difficile d'un couple de personnes âgées habitant à moins de trois mètres d'une résidence de 74 logements qui sort de terre. Bruno et Élise Zoldi, 91 et 87 ans, habitent une jolie petite villa au 179 chemin du Gai Versant. Ils possèdent un jardin avec un barbecue, une remise ainsi qu'un puits. En achetant cette maison en 1970, ils pensaient couler de vieux jours ici sereinement. C'était sans compter l'emménagement d'un encombrant voisin.
À moins de trois mètres de leur maison, pousse un programme immobilier de « Terres du Sud Habitat » (1) : quelque 5 000 mètres carrés de surface habitable, trois bâtiments et 74 logements sociaux du T1 au T6.
Tous les jours, le chantier charrie son lot de désagréments. Les débris de plastique et les bouteilles de bière retrouvés dans le jardin. La poussière qui empêche d'ouvrir les fenêtres. Le bruit, épuisant.
Dernière nuisance en date : du ciment venu éclabousser le mur et les volets de la villa.
Privé de télévision à cause des travaux
« Je suis excédé, fatigué, à bout. Rien ne nous est épargné. C'est insupportable », soupire l'octogénaire.
« Notre télé ne fonctionne plus depuis que l'immeuble a commencé à s'élever. On a dû changer l'antenne, installer une parabole. ça nous a coûté 378 euros. J'ai envoyé un courrier à la mairie le 15 mai avec la facture pour demander à être remboursée. J'attends toujours une réponse », se désole Élise.
Le couple a reçu la visite de deux agents de l'Office, il y a trois semaines. Ils ont promis qu'un responsable du chantier viendrait. Là (et las) encore, ils attendent.
« Que vaut notre maison maintenant ? »
Pierre Matrullo, le très actif président de l'association de défense du Gai Versant, connaît bien la situation des Zoldi.
Il habite d'ailleurs à côté. « Ces personnes âgées ne sont vraiment pas ménagées. Nous avons tenté des actions, mais les règles d'urbanisme ont été respectées. Il n'y a rien d'illégal ceci dit leur quotidien est très désagréable », témoigne le voisin. La perspective de voir le chantier se finir ne réjouit même pas Élise. « Les balcons donnent dans notre salon et quand les cinq étages seront terminés, nous n'aurons plus de soleil », maugrée-t-elle.
Pour fuir cet « enfer », ils ont pensé vendre, afin de payer la maison de retraite, mais aujourd'hui ils ne savent plus trop où ils en sont.
« On nous a dit que notre maison ne valait plus rien. Alors que faut-il espérer ? », demande la vieille dame démoralisée.
1. L'Office public d'habitat de La Seyne change de nom pour devenir «Terres du Sud Habitat». Cette nouvelle désignation sera officialisée au dernier trimestre 2009 après la réunion du comité régional de l'habitat.
source: o. marino - var matin




