(!) Gymnastique financière et principe de précaution

Les portables chauffent, pendant que l'élu Jean Michel (à droite de l'image, en tee-shirt rayé) présente une motion, « pour la diminution de l'intensité magnétique des antennes relais »... motion adoptée à la pleine unanimité ! : Photo Dominique Leriche
Le compte administratif 2009 a été voté sans accrochage. Le pôle théâtral est revenu sur le tapis et les ondes magnétiques sont mises en cause.
Votée à l'ancienne, à main levée, une motion rajoutée à l'ordre du jour a ouvert le conseil municipal, qui s'est tenu hier matin.
À l'unanimité, les élus locaux veulent exiger des opérateurs de téléphonie mobile, qu'ils « abaissent l'intensité magnétique des antennes relais ». Non pas que les élus soient contre le portable - ils sont nombreux à l'utiliser en séance publique (!), mais, sa nocivité serait prouvée. Jean Michel, élu vert de la majorité, exposait que « des documents scientifiques probants sur la nocivité (cancers) sont déclarés incontestables ».
« Nous sommes prêts à prendre des mesures concrètes », a confirmé le maire Marc Vuillemot. « Cela impliquera sûrement plus d'antennes, mais avec moins d'émission ».
L'opposition approuvait « ces principes de précaution et de prévention », Marcel Barbero, comparant le problème « à l'amiante et aux essais nucléaires, [jadis] déclarés sans danger ». Christian Battle enjoignait la municipalité « à dire, mais aussi à faire ».
Rigueur et robinet
Sur le compte administratif, la belle unanimité présentait des failles. Le maire rappelait « le budget difficile » élaboré en 2009. C'est peu dire, tellement la ville était dans la zone rouge. « Nous avons fait des efforts de rigueur, oui, j'emploie le mot ». Marc Vuillemot estime avoir subi des difficultés extérieures, « la baisse de la dotation de l'État, la chute de l'aide aux communes du conseil général ».
Marcel Barbero ouvrait le bal des critiques des opposants UMP, reconnaissant « les arbitrages à rendre et la gymnastique compliquée ». Pour lui, « le niveau d'investissement » est plombé par « les dépenses de fonctionnement ». Fatih Bousbih tentait une attaque plus frontale, « la ville n'investit pratiquement plus, le taux de chômage augmente. Que du bonheur en perspective ». Ironie vite taclée par le maire, et même reprise par Christian Battle pour qui, « de droite ou de gauche, la situation aurait été difficile. Je savais que le robinet du conseil général ne serait plus ouvert » (1).
Marc Vuillemot clôturait les débats en répondant qu'il « [assumait son] budget 2009, j'en suis responsable ».
Vote : 35 pour, 9 abstentions. En 2009, le budget de la ville s'est établi à 5,8 ME.
Le théâtre d'en face
Au détour d'un transfert de crédits (2), l'opposition est remontée au créneau pour critiquer l'abandon du pôle théâtral. « La ville n'avait pas les moyens de se le payer, assumait le maire, il y en aura un, en face », en désignant la rade (et Toulon), paysage imprenable depuis la salle du conseil.
« La Drac (3) s'était retirée du projet avant les élections municipales », a précisé l'adjointe au maire Florence Cylrunik, qui sait de quoi elle parle, puisqu'elle faisait partie de l'équipe précédente. Sans compter « la courbe exponentielle du prix des travaux ».
Marcel Barbero regrettait vivement « de devoir attendre deux ans et demi pour entendre ces explications en matière financière ». Avant de s'interroger sur « l'image de La Seyne », si un casino était construit. « Cela fait partie de l'histoire balnéaire de cette ville, jugeait le maire, et c'est un projet à dimension de TPM, de toute la rade ».
1. Propos d'abord attribués à l'ancien maire Arthur Paecht. Puis Christian Battle a repris la parole, pour préciser que ces paroles n'engageaient que lui, en tant qu'ancien adjoint. Arthur Paecht était absent et excusé, hier matin.
2. Il s'agit de crédits non-utilisés dans le projet de pôle théâtral, à hauteur d'1,7 ME.
3. Direction régionale des affaires culturelles, représentant l'État.
source: Sonia Bonnin - var matin