Thérèse Lépine : « Rien n'a entaché ma vocation »

Mardi soir, quelques minutes avant de participer à son « pot de départ », Thérèse Lépine dresse le bilan de son action. photo: Dominique Leriche
École et engagement ont été le « fil rouge » de sa carrière professionnelle. « Et enseigner, dit-elle, c'est toute ma vie... » Voilà résumé ce qui a animé, anime encore Thérèse Lépine.
La chef de centre de l'IUFM quitte l'Éducation nationale au moment même où la réforme de l'enseignement va intégrer - budgétairement, entre autres - les instituts de formation des maîtres aux universités.
Le 2 septembre prochain, elle cédera donc les rênes, non sans émotion, la même sans doute que celle qui lui a noué la gorge mardi soir, à la faveur de son pot de départ. Rencontre.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de prendre la tête du centre de l'IUFM ?
Le défi. Il y avait tout à construire. Le centre de formation était tout neuf. Nous étions dans des locaux provisoires, à First, puis à l'ancien collège Wallon...
Vous êtes également enseignante. Au terme de ces 10 années partagées entre administratif et éducatif, quel regard portez-vous sur l'évolution de votre profession ?
On sait que le métier d'enseignant est de plus en plus difficile, les élèves sont plus durs... Pourtant, dans les IUFM, toute la dimension formation de l'enseignant a disparu. C'était pourtant l'âme des instituts. Aujourd'hui, on prépare juste des jeunes adultes au concours, et c'est tout.
Quel est votre plus grand regret ?
Ne pas avoir concrétisé la deuxième tranche de travaux de l'IUFM (lire par ailleurs). C'est pourtant inscrit au contrat de plan Etat-région 2007 - 2013. Cet institut, c'est un peu mon bébé alors ne pas accompagner cette deuxième phase, je le regrette.
Le 2 septembre prochain vous céderez la place à Martine Colmars. Quel message voudriez-vous lui transmettre ?
Garder confiance.
Malgré la réforme ?
Il faudra s'y adapter, c'est un fait. Je la mets d'ailleurs en oeuvre en préparant la rentrée prochaine. Mais je pense également qu'à terme, il faudra faire le bilan de cette réforme et son impact sur la formation des futurs enseignants. Quand on voit que des structures forment en 5 jours des candidats au concours d'entrée des IUFM... L'inquiétude est légitime. Pourtant, je crois toujours en l'école publique !
source: K. M. - var matin


