La société seynoise PIP rachetée par une entreprise américaine

Deux sociétés ont manifesté leur volonté de reprendre l’usine PIP. Le tribunal de commerce de Toulon a tranché, et GEMCare a remporté la mise. Photo: Dominique Leriche
Deux sociétés concourraient pour le rachat de l'entreprise seynoise, Poly-Implant-Prothèse. C'est finalement l'américaine GEMCare qui rafle la mise. Un rachat qui suscite bien des polémiques.
Nouveau rebondissement dans l’affaire Poly-Implant-Prothèse (PIP), alors que les langues se délient autour du scandale sanitaire. Deux sociétés ont manifesté leur volonté de reprendre l’usine de fabrication de prothèses mammaires de La Seyne-sur-Mer, tout juste liquidée avec un fiasco social à la clef et visée par une enquête judiciaire pour fraude sanitaire, dirigée par le pôle santé de Marseille. Le tribunal de commerce de Toulon a tranché, c’est la société GEMCare qui remporte la mise.
La justice a argué du fait que l’offre de GEMCare était la « mieux-disante ». La société apporte 200 000 euros et s’est engagée à reprendre 37 des 116 salariés laissés sur le carreau en mars dernier.
L’ombre de l’ancien propriétaire
La décision de la juridiction n’est évidemment pas du goût de l’entreprise écartée, qui soupçonne une entorse aux règles de reprise (lire ci-dessous). Le nom d’un ancien responsable de PIP est en effet apparu dans la procédure GEMCare. La société a finalement dû s’engager devant la justice à écarter l’homme d’affaires d’un organigramme qui reste néanmoins bien mystérieux.
« La société GEMCare ne souhaite pas communiquer outre mesure sur le rachat de la société PIP et entend retrouver la sérénité indispensable à la relance de l’activité, dès que les travaux de remise en état seront achevés », indique l’un des avocats de la société.
Pour le greffe du tribunal de commerce de Toulon, GEMCare n’existe même pas. En tout cas pas encore, nous précise le cabinet d’experts-comptables qui sert provisoirement de boîte aux lettres à GEMCare, dans le centre-ville de Toulon. « Les statuts devraient être déposés en septembre. La vente de PIP pourra alors être signée. »
Selon plusieurs sources concordantes, GEMCare est créée à l’initiative d’un fonds d’investissement américain : GEM (*). Or, il se trouve que, depuis 2003, GEM possédait déjà indirectement la majorité du capital de Poly-Implant-Prothèse.
Une information qui a fait bondir des anciens salariés, mais aussi des membres de l’association « Porteuses de prothèses PIP », parties civiles dans le volet sanitaire (lire page suivante). Ils se sentent comme les dindons de la farce puisque dans cette opération, l’ancien actionnaire retrouve légalement l’entreprise vidée, par la liquidation judiciaire, de ses dettes et des deux tiers de son personnel.
source: Sonia BONNIN et Eric MARMOTTANS - var matin


