Fermeture de la maternité de La Seyne: l'ombre d'un doute

Les récentes déclarations de la secrétaire d'Etat Nora Berra relancent le débat sur la fermeture de la maternité de l'hôpital George-Sand. photo: Olivier PASTOR
Interrogée au Sénat, la secrétaire d'État a présenté le transfert du service au futur hôpital de Toulon comme une « hypothèse ». De quoi relancer toutes les spéculations
On pensait la chose acquise, entérinée. Depuis le vote du projet médical par le conseil d'administration du centre hospitalier intercommunal de Toulon La Seyne (CHITS) en juin 2009, le destin de la seule maternité ouest-varoise semblait scellé. Les services maternité des hôpitaux de La Seyne et de Toulon-Font Pré seraient ainsi regroupés au sein du futur établissement toulonnais de Sainte-Musse.
Le dossier a pourtant rebondi la semaine dernière, à Paris, au détour d'une déclaration de la toute nouvelle secrétaire d'État à la Santé. Quelques heures après le remaniement, Nora Berra est interrogée par le sénateur Pierre-Yves Collombat (PS) sur la situation (1). Réponse de la ministre, qui indique que « cette hypothèse est actuellement étudiée... » et que ladite décision « n'est pas à ce stade validée par l'Agence régionale de santé (ARS) (2). » Des propos pour le moins teintés de prudence, décryptés par certains opposants à cette fermeture, comme l'esquisse d'un revirement. S'agit-il pour autant d'une remise en cause du projet ? « Pas du tout, explique-t-on du côté de l'ARS. La ministre ne fait que s'en tenir à la procédure. Nous travaillons effectivement sur le programme régional de santé ». Ce document, élaboré après concertation avec des élus, des usagers et des acteurs du milieu médical, pourrait acter la décision de fusionner les maternités.
« Un signe encourageant »
Les déclarations de la secrétaire d'Etat viennent, en tout cas, mettre du baume au coeur à ceux qui veulent croire qu'un revirement est encore possible. « Cette annonce nous encourage à continuer notre combat, martèle Jean-Louis Boissonade (CGT), même si nous restons lucides. » Son « collectif varois de défense de l'accès aux soins », composé de patients, d'agents hospitaliers, d'associatifs et de personnes engagées sur le terrain politique, condamne depuis le début la décision de fermer cette maternité, « la seule pour un bassin de 150 000 Varois ». Depuis deux ans, il multiplie réunions publiques, actions symboliques et entretiens avec les élus du secteur, dont le sénateur Pierre-Yves Collombat. Mais au-delà des opposants « traditionnels », d'autres voix se sont élevées pour remettre en doute le bien fondé du transfert. Deux maires UMP du secteur, Gilles Vincent (Saint-Mandrier) et Robert Beneventi (Ollioules) ont tenu des propos nuancés sur le projet. Marc Vuillemot (PS) ayant, depuis le départ, marqué son opposition à la suppression de la dernière maternité de sa commune.
L'accessibilité en question
D'autant que les difficultés d'un autre chantier, viennent donner du grain à moudre aux sceptiques. À l'origine, second tube du tunnel et hôpital de Sainte-Musse devaient entrer en service en même temps. Un argument avancé à l'époque pour rassurer ceux qui pointaient les problèmes d'accessibilité du nouvel hôpital. Mais depuis, ce chantier a connu des complications et la traversée souterraine de Toulon dans le sens ouest-est ne sera effective - au mieux - que 18 mois après la mise en service de l'hôpital de Sainte-Musse. De quoi regonfler à bloc les opposants au projet, déterminés à obtenir, au moins, un report de la fermeture du site seynois.
1. La question du sénateur ainsi que la réponse de la ministre peuvent être consultéEs sur le site du sénat www.senat.fr (rubrique « travaux parlementaires », puis « questions »).
2. Les ARS remplacent les Directions régionales et départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS et DRASS), les agences régionales d'hospitalisation (ARH), les groupements régionaux de santé publique (GRSP), les caisses régionales d'assurance-maladie (CRAM), les unions régionales des caisses d'assurance-maladie (URCAM) et les missions régionales de santé (MRS).
source: Christophe Gaignebet - var matin


