Malaise à La Poste de La Seyne après le geste désespéré d’une employée
Le syndicat CGT avait dénoncé le 15 mars dernier un " climat délétère ". Ce que réfute la direction. Photo doc. A. D.
Le syndicat CGT avait dénoncé le 15 mars dernier un " climat délétère ". Ce que réfute la direction. Photo doc. A. D.
Une mère de famille a absorbé une forte dose de somnifères, après un entretien d’évaluation qui se serait mal passé
" Mon épouse a tenté de mettre fin à ses jours ". Accablé, Franck B. éprouve le besoin de partager l’épreuve qu’il traverse avec sa femme. Pour lui, pas de doute, son geste désespéré est directement lié à son emploi de guichetière à La Poste Garibaldi, dans le centre de La Seyne-sur-Mer.
" Vendredi (18 mars), elle a passé un entretien d’évaluation. Ça ne s’est pas déroulé comme elle le souhaitait, poursuit son époux. Pendant la discussion, elle a commencé à pleurer. Mais au lieu de lui proposer de reporter la réunion, son supérieur a mené l’entretien à son terme. "
Surdose de médicaments
La mère de famille est rentrée chez elle très affectée. " Elle a dormi tout le week-end, ça n’allait pas du tout. Lundi matin, alors que j’étais au travail, un ami m’a appelé pour me dire qu’on l’avait trouvée par terre à la maison. Elle s’était cogné la tête. Elle a été hospitalisée de suite. Les examens pratiqués ont montré qu’elle a absorbé une forte dose de somnifères et d’antidépresseurs ".
Hors de danger, Mme B. est " toujours très affaiblie, mais bien déterminée à dénoncer le climat qu’il règne à La Poste, et qui se rapproche de celui de France Télécom ", explique encore son mari. Dans la semaine, la CGT a formulé un « droit d’alerte », un dispositif qui permet aux syndicats d’attirer l’attention de la direction sur des situations sensibles. Résultat, une responsable des ressources humaines est venue discuter avec les employés sur la position de la direction.
" Nous avons exposé les motifs de notre souffrance, explique Francisca Santana, déléguée au CHSCT (1) pour la CGT. Nous condamnons une organisation du travail qui ne nous permet plus de servir le public correctement et qui engendre un stress important sur les employés. Nous dénonçons aussi une politique de management qui vise à monter les agents les uns contre les autres. "
Un " climat délétère " qui avait déjà fait l’objet d’une réunion organisée le 15 mars par la CGT des activités postales et des télécommunications du Var, sur le thème : " Le travail est malade ". " Ce genre de drames est malheureusement de plus en plus fréquent, surtout dans notre région, précise Monique Negrel, secrétaire départementale du syndicat. En Paca, nous déplorons dix-huit tentatives de suicide en un an. Un triste record. "
1. Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
La Poste : " Prévenir les risques psychosociaux "
Contactée hier après-midi, La Poste a souhaité réagir par la voix de sa direction régionale.
" Il s’agit d’un sujet douloureux et il convient de ne pas tirer de conclusions hâtives.
Mme B. est une employée bien notée et appréciée par ses collègues et sa direction. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.
La Poste lui a proposé, ainsi qu’à sa famille, l’aide de nos services psychosociaux et d’une assistance sociale. L’entretien d’évaluation qui a eu lieu la semaine dernière s’est déroulé correctement.
La prévention des risques psychosociaux est un axe important sur lequel nous travaillons.
Concernant la réunion qui s’est déroulée hier, sur place, en fonction des conclusions de la direction des ressources humaines nous étudierons l’opportunité d’organiser une réunion exceptionnelle du CHSCT. "
source C.G. Var matin



