Disparition d'Abdellatif Margoum : ses proches attendent des réponses

Partis de Berthe en cortège, hier après-midi, la famille et les proches du disparu ont marché dans le calme jusqu'au commissariat de police.
«Plus de trois mois après sa disparition, il n'y a pas de piste, pas de suspect, pas d'élément nouveau. On cherche toujours quelque chose à quoi se raccrocher pour garder l'espoir. »
Aux premières loges de la mobilisation organisée hier, Brahim, le frère d'Abdellatif Margoum - dont on est sans nouvelles depuis le 28 décembre dernier -, ne cache pas son incompréhension.
Devant l'espace Tisot à Berthe, une centaine de personnes était ainsi rassemblée hier après-midi, à l'initiative du Collectif citoyen 83, pour dire : « Abdellatif, on ne t'oublie pas ». « Nous voulons affirmer notre total soutien à sa famille, mais aussi savoir où en est l'enquête. C'est pourquoi nous allons marcher jusqu'au commissariat de police », expliquait Nasser Halhal, président du collectif.
« Un dossier sérieux qui n'a pas été pris au sérieux »
Dans le cortège, la famille et les proches du disparu sont présents. « ça fait mal au coeur qu'il ne soit plus là. Je le connais depuis tout petit ; je pense à lui tous les soirs », confiait Djamel, un ami. « On est venu dire à sa famille qu'on la soutient. C'est très dur ; on ne souhaite cela à personne », ajoutait Steeve. À ses côtés, deux autres jeunes du quartier, lancent : « Il ne faut pas arrêter les recherches, sinon ça va péter, on est prêt à exploser ».
Un propos que nuance Brahim Margoum : « C'est vrai que la patience a des limites. Mais on demande aux gens de rester pacifiques. » Mohamed, le frère aîné d'Abdellatif, ajoute : « Les gens ne comprennent pas. On voit presque tous les jours à la télé que des moyens importants sont engagés quand des gens disparaissent. Là, on a l'impression que rien ne se passe. C'est à devenir fou ». Face aux questions sans réponses, les proches du disparu assurent n'avoir jamais cessé leurs recherches depuis fin décembre.
« C'est quand même curieux d'avoir zéro témoin, alors que cette disparition est survenue est pleine journée, précise Brahim. Les enquêteurs nous disent que mon frère est parti de son plein gré. Mais puisqu'il est sorti sans ses papiers, sans son téléphone, sans rien, est-ce vraiment le cas ? Depuis le départ nous disons que c'est un dossier sérieux, et pourtant il n'a pas l'air d'avoir été pris au sérieux. » Avis partagé par Rachid Maziane, adjoint à la politique de la ville, présent hier : « C'est difficile d'imaginer qu'on laisse la famille sans réponses depuis plus de trois mois. J'en viens à me demander si la situation serait la même si le disparu s'appelait Jean-Paul...»
Dans le cortège, le conseiller général Patrick Martinenq (PS) assurait « partager l'angoisse de la famille et avoir du mal à comprendre qu'il n'y ait aucune piste. » Le maire de La Seyne s'est aussi joint à la mobilisation. Marc Vuillemot avait d'ailleurs reçu, la veille, la famille Margoum en mairie, et s'est engagé à interpeller le préfet pour avoir des réponses sur cette affaire.
La mobilisation s'est achevée hier par un sit-in devant le commissariat de police, où les proches d'Abdellatif ont collé deux avis de recherche. Les banderoles avec la photo du disparu ont aussi été déployées et fixées le long du boulevard Maréchal-Juin, afin d'interpeller les automobilistes et, peut-être, de recueillir enfin un témoignage crédible. Michaël Guillon
source: Mguillon - var matin