La Seyne (Plage de l'anse Mar Vivo) : une terrasse les pieds dans l'eau

« L'Estanco », autrefois solidement ancré dans une langue de quinze mètres de sable, ressemble aujourd'hui à une terrasse sur pilotis. Photo Dominique Leriche
Hervé Forest, le propriétaire du seul établissement de plage de l'anse Mar Vivo, à La Seyne, ne comprend pas. En trente ans d'exploitation, il n'a jamais vu ça !
« L'Estanco », petit commerce autrefois solidement ancré dans le sable, ressemble aujourd'hui à une terrasse sur pilotis. Alors qu'il était « tanqué », au niveau de la plage de sable, il trône aujourd'hui un mètre au-dessus du niveau de l'eau. Et son accès relève de l'acrobatie…
Oh, bien sûr, le phénomène s'est déjà produit quelquefois, lors de grosses « largades », mais jamais deux années consécutives : « Cela restait occasionnel. On savait qu'il y avait des années creuses. La règle voulait que les cycles se reproduisent tous les sept ans. Mais, là, je ne comprends ce qu'il se passe. Et ce d'autant moins qu'au printemps, il y avait encore une bande de sable conséquente. D'habitude, cela va en s'améliorant, au fur et à mesure que l'on avance dans l'été. Cette année c'est l'inverse. Je pense que c'est un problème de courants… »
Nouveau déplacement de l'eau, ou accès de faiblesse du brise-lames, érigé au large voilà vingt ans, pour éviter que la houle ne rentre trop fort sur le littoral ? Le problème est aujourd'hui aigu et lui cause un lourd préjudice. Car là où, en 2007, il pouvait encore aligner trois belles rangées de matelas, il n'en case plus qu'une petite dizaine. Sans parler de la fréquentation de la plage qui, forcément, est en chute libre : « J'ai remarqué que, dans le quartier, de nombreux appartements à la location n'ont pas trouvé preneur cette année. »
D'après ses calculs, son chiffre d'affaires sera encore divisé par deux cette année et il prévoit une nouvelle perte de l'ordre de 30 000 euros. Ce n'est plus tenable : « Franchement, si on n'améliore pas la situation, je ne pourrais pas continuer. Que deviendra Mar Vivo sans un établissement de plage? La foi m'a guidé pendant des années mais là, je n'y crois plus… », explique le malheureux plagiste.
Aujourd'hui renvoyé à son problème par la municipalité, qui ne sait pas vraiment par quel bout prendre et ramener cette capricieuse langue de sable, Hervé Forest, à défaut de travailler comme un forcené, a le temps de tourner les pages de son album photo. Il y retrouve la belle époque, pas si lointaine, où la plage s'alanguissait encore sur une largeur de plus de quinze mètres…
source: var matin



