École Edouard-Vaillant à la Seyne: les parents d'élèves interpellent l'administration

La colère monte au sein de la petite école maternelle Edouard-Vaillant, située dans le quartier de la Rouve.
Depuis la rentrée de septembre, les parents d'élèves attendent l'affectation de quatre assistantes de vie scolaire (AVS) pour épauler les institutrices dans les classes. Mais leur patience a des limites. Jugeant la situation préjudiciable pour tous les élèves, ils se mobilisent, manifestent devant l'établissement et préparent une pétition.
« Les enfants n'ont rien demandé mais ils subissent les conséquences de cette situation, résume Sandrine Poignard, maman d'un petit garçon autiste. Le problème,explique-t-elle, c'est que les maîtresses ne peuvent pas s'occuper correctement des élèves, comme mon fils, qui ont besoin d'une prise en charge particulière. Cette prise en charge est normalement assurée par une AVS, mais comme elles n'ont pas été recrutées, les institutrices doivent tout faire, sans être formées pour cela. Et je leur tire mon chapeau ».
« Du temps perdu pour tous »
Dans la pratique,« cette situation pénalise tout le monde, poursuit Sandrine, autant les enfants en situation de handicap, que les autres élèves de la classe car la maîtresse n'est pas disponible pour eux comme elle le devrait. C'est du temps perdu pour tous. C'est inadmis-sible ».
Comment en est-on arrivé là ? Jean-Marc Barone, autre parent d'élève agacé par l'absence de ces AVS, avance une explication :« Le gouvernement a voulu faire rentrer les élèves en situation de handicap dans le cycle scolaire normal. Et c'est bien, car cela permet à tous les enfants de faire l'apprentissage des différences. Le gouvernement avait dit qu'il y aurait des aides en terme de personnel. Mais l'administration a été incapable de s'organiser pour que les postes soient mis en place pour la rentrée, alors que les élèves en situation de handicap sont connus depuis des mois, certains même depuis l'an dernier ».
Le soutien des syndicats
Alors qu'ils manifestaient leurs doléances devant les grilles de l'école, en fin de semaine dernière, les parents d'élèves ont reçu le soutien de représentants syndicaux du SNUipp-FSU Var(1). Cédric Turco, le secrétaire général adjoint de l'organisation, confirme le bien-fondé des griefs des parents : « En l'absence d'AVS, la maîtresse doit gérer à la fois les difficultés des élèves en situation de handicap, tout en assumant le fonctionnement de la classe. Les conditions optimales de la réussite des élèves ne sont donc pas réunies. »
Déjà sensibilisé à cette question, le syndicat signale avoir évoqué « ces absences en commission paritaire. On nous a répondu qu'il y avait plusieurs intervenants pour ces recrutements - car l'académie les confie à Pôle Emploi - et que la démarche était forcément longue. Mais l'administration aurait dû s'organiser en amont pour avoir les effectifs nécessaires avant la rentrée ».Au passage, Cédric Turco rappelle que son organisation dénonce également « la précarité, l'absence de formation et de considération des AVS qui sont payées au lance-pierres. »
Du côté de l'école maternelle Edouard-Vaillant, les parents se disent déterminés à poursuivre leur mobilisation« dans l'intérêt des élèves ». Ils ont par ailleurs mis en place une pétition qui a déjà recueilli une centaine de signatures.
1. Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et Pegc - Fédération syndicale unitaire
source: M.G. - var matin


