TPM: 10 ans et 623 millions d'euros d'investissement ...

L'assemblée communautaire compte 160 conseillers contre 123 à la Région Paca. Coût des indemnités : 2,3 millions d'euros en 2012.
C'était en février 2002. La création de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée (TPM) était entérinée ; les différentes commissions définies lors du premier débat d'orientation budgétaire de la collectivité.
Un 14 février. Ainsi naissait une histoire - sinon d'amour - du moins d'entraide entre onze communes limitrophes autour de Toulon.
L'idée d'un mariage de raison au sein d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) était la suivante : on mutualise les recettes et les dépenses ; les villes les plus riches soutiennent les plus pauvres pour forger un tissu économique, culturel et social dynamique et cohérent qui bénéficie aux habitants.
Une légitimité qui n'est plus contestée
Le produit de la taxe professionnelle est redistribué selon les besoins, ne profitant plus exclusivement aux hôtes des grandes enseignes du territoire. Les syndicats intercommunaux se voient unifiés. Et que vogue cette « communauté de destins » si chère à son président, Hubert Falco.
Après une décennie d'exercice, la plupart de ces espérances sont au rendez-vous, les réalisations communes aussi. Et 623 millions d'euros ont été investis. Un « bilan très positif » souffle Hubert Falco devant ses dix bougies. Ceux qui pointent l'absence de vastes économies d'échelle émettent une nuance. Tout comme ces citoyens qui peinent à identifier clairement le rôle de l'intercommunalité, ne retenant qu'une ligne de plus sur leur feuille d'impôts.
Mais à droite comme à gauche, rares sont désormais les détracteurs dogmatiques de TPM, devenue ce pour quoi elle a été créée : un cadre pour accomplir à plusieurs ce qu'il aurait été impossible de réaliser seul. Comme de faire « tourner » un opéra, par exemple, dont le budget dépasse celui de la commune d'Ollioules.
C'est ainsi que l'une des 202 communautés d'agglomération du pays est forte maintenant de douze villes et de 430 000 habitants. Elle gère un budget de 650 millions d'euros, deux fois et demie celui de 2002. TPM est devenue grande. « Un petit département » ou « une grosse ville », d'après Robert Alfonsi, conseiller communautaire de l'opposition. Trop grande, grimacent certains, peu rassurés par ses quatorze compétences qui échappent maintenant aux mairies.
Des conseillers bientôt élus ?
TPM, ce sont aussi ces 160 conseillers communautaires contre 123 à la Région… Et une gouvernance qui devra sans doute affiner sa cohérence. Entre autres parce que ceux qui siègent à l'assemblée ne sont toujours pas désignés par le suffrage universel direct. Cela pourrait changer en 2014. La logique le voudrait. Surtout depuis que l'agglomération, suivant une tendance nationale, s'est « fiscalisée », imposant les ménages en plus des entreprises. Cette décision n'a pas été prise sans remous. Mais là encore, elle ne suscite plus guère de réserves. Contexte économique oblige, TPM a besoin de financements propres pour assumer ses nouvelles compétences… faute de voir s'accroître l'aide de l'État ou ressusciter la taxe professionnelle.
Le contribuable pourrait tout de même regretter que les villes ne baissent leurs taux d'imposition à mesure que sont transférées leurs prérogatives. D'aucuns estiment que ces noces d'étain auraient pu, ainsi, être l'occasion pour chacun de balayer devant sa porte. C'était sans compter sur cette maudite crise…
source: Matthieu Dalaine et Damien Allemand - var matin





