Plus d'un millier de victimes du "Madoff du Var" - Réunion à La Seyne

Le courtier toulonnais, Fabrice Denizet, âgé de 45 ans
Récupérer la mise. C'est leur leitmotiv, leur angoisse. Plus le temps passe, plus les victimes de Fabrice Denizet s'inquiètent et s'interrogent. La barre symbolique du millier d'épargnants floués par « le petit Madoff du Var » qui se sont signalés auprès des enquêteurs a été dépassée.
Pourtant, le stade du recensement n'est pas terminé. Selon un avocat, « la brigade financière est formidable, mais a la tête sous l'eau », tellement les dossiers sont nombreux. Une information judiciaire est ouverte à Marseille et le cerveau présumé de cette vaste escroquerie, un courtier toulonnais de 45 ans, dort en prison depuis le 3 février dernier (1).
Ses propres placements à 2,5 %
Les victimes se retrouvent face à l'impératif de s'organiser, « mâchouiller le travail des enquêteurs », sourit un autre avocat. Et réfléchir à leurs stratégies de défense. Une association vient de se constituer, début mars, qui se propose de regrouper différents collectifs, déjà formés autour de quelques avocats. « Nous avons besoin de communiquer entre nous et d'échanger. Nous voudrions inciter les avocats à coopérer sur les procédures qu'ils vont engager », expose Jean-Marc Gazanière, qui en est à la tête, et dont l'épouse avait confié ses économies à Fabrice Denizet. « Les gens sont abattus, presque résignés, ils ont l'impression qu'ils vont tout perdre. » Chacun se demande ce qu'il reste des avoirs de DO Conseil et s'ils suffiront pour les dédommager. « Fabrice Denizet n'a jamais fait aucun placement, à l'exception de vingt et un comptes-titres de 200 000 € chacun, au nom de DO Conseil, qui étaient rémunérés à 2,5 % », explique Me Gérard Mino, un avocat toulonnais. Cela correspond aux 4,2 millions d'euros d'avoirs saisis par la justice.
L'indemnisation se jouera au civil
Selon les estimations, le préjudice se situe entre 25 et 38 millions d'euros. Sachant que les sommes déposées par les clients ont été très importantes sur les deux dernières années, « respectivement de 12 millions d'euros en 2010 et 16 millions d'euros en 2011 », selon Jean-Marc Gazanière. Plusieurs avocats, y compris celui de Fabrice Denizet, soulignent que l'argent des clients n'a jamais été placé, mais simplement déposé à la banque de DO Conseil. « Le banquier a encaissé des fonds sans avoir de réflexion », affirme Me Mino. L'analyse est poursuivie par Me Gobert, au barreau de Marseille. « Au pénal, l'infraction est faite, mais on ne parviendra pas à indemniser les victimes. » C'est au civil que cela se jouera. Et là, « il faut se demander quels sont les différents protagonistes de l'affaire ». L'affaire est complexe. Les enjeux financiers - et humains - énormes. « C'est juste un boulot de titan », confie un avocat.
Réunion à La Seyne cet après-midi
L’Association de clients victimes de DO Conseil se réunira cet après-midi. Initialement prévu à Saint-Cyr-sur-Mer, le rendez-vous aura lieu à La Seyne.
À l’ordre du jour, une présentation de l’association qui souhaite rassembler les collectifs existants, déjà créés autour de quelques avocats. Cinq avocats seront présents (des barreaux de Toulon, Marseille et Paris) pour répondre aux questions de la salle et débattre des axes de défense.
Réunion de l’Association de clients victimes de DO Conseil, à 14 h 30, au Village vacances de la RATP, 75 chemin de l’Evescat, à La Seyne.
1. Deux autres personnes, présentées comme ses associés, ont aussi été mises en examen.
source: Sonia Bonnin - var matin









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comme au casino 