Emprunts toxiques dans le var: l’espoir des collectivités

Infographie: JP DEMAI
Plombées par des crédits toxiques contractés dans les années 2000, les communes varoises concernées entrevoient aujourd’hui une issue favorable dans le conflit qui les oppose aux banques
En octobre 2011 et dans le sillage du journal Libération, qui venait de révéler que 5 500 communes, organismes, ou collectivités en France avaient souscrit des emprunts toxiques auprès de banques peu scrupuleuses, dont la principale était Dexia, nous affirmions, sur la foi des déclarations des élus locaux, que «le Var intoxiqué se soignait ». Qu'en est-il aujourd'hui pour les communes concernées ?
L'affaire, qui date du milieu des années 2000 et qui court, comme certains crédits, au-delà de 2030, est bien sûr loin d'être terminée. « Elle touche 30 % des communes varoises »estime le maire de Cuers, Gilbert Perrugini,et chaque cas est particulier. Mais elle bénéficie aujourd'hui d'une nouvelle lumière… Le 8 février dernier, le tribunal de grande instance de Nanterre a annulé les taux d'intérêts, considérés comme usuraires, de trois prêts contractés par le conseil général de Seine-Saint-Denis auprès de la banque Dexia. Bon nombre d'élus également concernés voient dans ce jugement une brèche dans laquelle ils vont, peut-être, pouvoir eux aussi se débarrasser de leurs emprunts toxiques.
Cuers et Le Pradet font appel à la justice
Personne ne crie encore victoire, bien sûr, et la plupart des élus, à commencer par Jean-Pierre Tuveri à Saint-Tropez, ne tiennent pas forcément à évoquer ce sujet, qui met forcément en cause leur gestion ou celle de leurs prédécesseurs. Mais, alors que la majorité des maires concernés continue de privilégier le dialogue et la négociation avec leurs créanciers, les communes de Cuers et du Pradet ont effectué des recours en justice avec, aujourd'hui, un espoir renforcé de les voir aboutir. Feront-elles des émules avant le 15 juin, date butoir pour déposer un recours dans de nombreux dossiers ? Pas forcément, même si Maurice Vincent, le président de l'association « Acteurs public contre emprunts toxiques » l'imagine volontiers.
Un temps inquiet pour ses ouailles, le président des maires du Var, Jean-Pierre Véran, qui avait pensé intervenir pour défendre le dossier des communes concernées, estime maintenant que la situation est en passe de se détendre : « D'une part, les négociations avec les banques se poursuivent. D'autre part, j'ai rencontré récemment le préfet du Var, Laurent Cayrel, qui m'a pratiquement annoncé que La Banque postale et la Caisse des dépôts et consignations étaient prêtes à financer les collectivités sur 40 ans avec des taux fixes à 3,05 %. »De quoi, déjà, appréhender l'avenir un peu plus sereinement pour tous les maires dont les budgets sont durablement grevés par ces crédits toxiques… et, forcément, pour leurs administrés !
source: var matin





