Natacha Cyrulnik, un autre regard sur la cité Berthe

Natacha Cyrulnik souhaite pouvoir suivre le processus de transformation de la cité Berthe jusqu'à la fin des travaux (photo: Dominique Leriche)
Le film "Les Ouvriers", la zermi et la médiathèque est diffusé, aujourd’hui, à 14 h au centre social Nelson Mandela. La réalisatrice retrace l’évolution urbaine et humaine du quartier
Le film "Les Ouvriers", la zermi et la médiathèque est diffusé, aujourd’hui, à 14 h au centre social Nelson Mandela. La réalisatrice retrace l’évolution urbaine et humaine du quartier
Natacha Cyrulnik a dû se faire accepter. En quinze ans de travail auprès de la cité Berthe, la réalisatrice s'est approprié des codes de langage et de comportement avant de parvenir à créer un lien avec les riverains.
Défi réussi. En attesteLes ouvriers, la zermi et la médiathèque,qui vient s'inscrire dans une succession exhaustive d'une vingtaine de documentaires sur le sujet.
Par ses regards et ses interviews, la fille de l'éminent psychiatre et de l'adjointe à la culture de La Seyne, révèle comment les habitants perçoivent les divers changements opérés sur leur environnement. Explications.
Quelles sont les raisons qui vous ont amenée à Berthe ?
Je suis arrivée à La Seyne à 15 ans. Ce fut un déchirement, imposé par mes parents. Une fois le bac en poche, j'ai vite fait mes valises pour Paris. Quand je revenais en vacances, j'appréciais le cadre différemment. D'autre part, ce tiers de ville cloisonné m'intriguait. L'opération « Un été au ciné » lancée par le Centre national du cinéma, envoyait de jeunes réalisateurs dans « les quartiers chauds ». J'ai sauté sur l'occasion, deux ans après les violences urbaines de 1997.
Aviez-vous des appréhensions ?
Très rapidement, j'ai su que je voulais faire « un travail de rue ». Lors de ma première année à la cité, j'étais enceinte de sept mois. La proie idéale. Des gamins m'ont demandé si je ne craignais pas qu'on me vole ma caméra. J'ai répondu qu'ils ne sauraient pas s'en servir mais qu'on pouvait faire un film ensemble. Ce fut relativement facile. J'ai, tout de même, été canardée une fois. Quand j'ai recroisé celui qui m'avait agressée, des années après, on a pu parler.
Comment expliquer une telle colère émanant de certains ?
Les jeunes sont incompris et enfermés dans des clichés, dans lesquels ils finissent par s'enfermer eux-mêmes. Ils souffrent d'une terrible image véhiculée par les médias. D'autant que mon travail auprès d'eux consistait en la critique des images.
... @ suivre ... ![]()


