Communiqué de l'Ifremer au sujet de la pêche profonde

Suite aux récents débats sur la pêche profonde, l'Ifremer souhaite rappeler son rôle et le contexte de son activité, afin de ne pas se trouver au cœur de controverses qui vont très au delà de ses missions et peuvent nuire à la sérénité du travail scientifique
L’Ifremer est un organisme de recherche. A ce titre, l'institut participe, aux côtés de nombreux autres experts de dix-neuf autres pays d'Europe (pour mémoire, une petite centaine d'experts Ifremer sur tous les sujets liés à la pêche pour un ensemble de 4000 experts), aux différents stades de l’élaboration des diagnostics, avis et expertises sur les espèces exploitées par la pêche (profonde ou non). Ces exercices sont menés par le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (CIEM)*, à partir du meilleur niveau des connaissances scientifiques et de l’utilisation d’observations issues de bases de données internationales, dans un objectif de durabilité, incluant l'optimisation économique et environnementale de l'activité de pêche.
Lors de son intervention récente à la table ronde organisée par les commissions compétentes de l'Assemblée nationale, le directeur général délégué de l'institut, Patrick Vincent, s’est borné à dresser l'état des connaissances et à rappeler l’avis émis par le CIEM. Cette intervention ne saurait être assimilée à un soutien à l'une ou l'autre des parties du débat.
Par ailleurs, le document évoqué dans le débat et présent en ligne dans la rubrique médias du site de l'Ifremer depuis juin 2013, au demeurant simple actualisation d'un texte de 2012, a été élaboré à des fins de vulgarisation, dans des termes qui sont certes simplificateurs, mais visaient à faciliter la compréhension et à présenter une approche générale. Un tel document ne permet évidemment pas d'exprimer toute la complexité des notions véhiculées et de l'état de la connaissance. Il n'exprime pas « une position » de l'Ifremer et ne constitue en aucune façon une caution, de quelque nature que ce soit, envers aucun des acteurs du débat actuel sur la pêche profonde, ainsi que l'a rappelé Patrick Vincent. Aucune évolution dans les données scientifiques n'a eu lieu au cours des mois écoulés, indépendamment des exploitations que chacun veut bien en faire.
La communauté scientifique, dont l’Ifremer, poursuit ses recherches. Les enjeux tiennent à la compréhension des processus de renouvellement des populations (recrutement), la prise en compte de l'ensemble des composantes de l'écosystème et de leurs relations, ainsi que des différentes pressions environnementales qui s'exercent sur les espèces (perte d'habitats, pollution, réchauffement climatique, acidification, etc...). Les avancées scientifiques sur ces sujets sont discutées au CIEM et progressivement intégrées dans les méthodologies qu'il met en œuvre de façon consensuelle.
Enfin, et de manière générale, l'Ifremer regrette que le débat actuel puisse conduire à une remise en cause injuste de l'intégrité de l'institut et de ses chercheurs.


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