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Nicky
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Date du message : jeudi 28 janvier 2010 à 00h04
La remunicipalisation de l'eau ne coule pas de source

Photo : Franck Muller
La remunicipalisation de l'eau s'annonce compliquée et ne pourra pas se faire avant 2017, date de l'échéance du contrat passé avec la société SEERC.
Dans sa profession de foi pour les municipales de 2008, Marc Vuillemot énonçait dix engagements, dont celui de lancer « une étude impartiale pour parvenir à un retour en gestion publique de l'eau potable »
Presque deux ans après l'élection du maire socialiste, où en est cette promesse de campagne ? Concrètement, pas très loin. Très clairement, « la remunicipalisation ne se fera pas sous ce mandat, annonce Nathalie Mille, conseillère municipale déléguée à la gestion de l'eau. Ce ne sera pas un coup d'éclat ».
La Ville est liée jusqu'en 2017 avec la SEERC (Société d'équipement et d'entretien des réseaux communaux, Groupe Lyonnaise des eaux). Or, pas question de rompre la délégation de service public : « Il faudrait verser entre 20 et 25 millions d'euros d'indemnités, ce qui est impossible ». Du coup, la municipalité vise l'échéance du contrat pour le retour en régie. Encore faudra-t-il gagner les prochaines élections municipales pour concrétiser le projet et ne pas risquer de le voir atterrir dans un tiroir.
Étude de faisabilité
La Ville s'est fixée pour objectif de présenter d'ici 2012 une étude de faisabilité. Un embryon de service de l'eau a été recréé avec l'embauche d'un ingénieur spécialisé, qui travaille en lien avec deux techniciens municipaux. L'étude est menée en interne par la petite équipe, qui doit chiffrer le coût de l'opération.
La commune a l'obligation, dans le cadre d'une remunicipalisation, de reprendre les salariés de la SEERC qui le souhaitent. Quarante personnels sont concernés à La Seyne. Nathalie Mille estime à la louche « de 3 à 5 millions d'euros » le coût d'un retour en régie.
La conseillère municipale ne cache rien des difficultés qui entourent la démarche politique de la municipalité. « C'est un dossier très lourd, confie-t-elle, nous allons avoir beaucoup de mal ».
« Le fermier répond à nos attentes »
Le discours est bien plus édulcoré qu'à l'époque de la campagne. Si sur le principe, Nathalie Mille juge anormal « qu'une entreprise privée fasse son beurre sur un bien commun de l'humanité », elle ne trouve rien à redire sur la gestion de la SEERC. « On a le tarif le moins cher de l'agglomération à 1,58 euros le m3 (1). La SEERC s'occupe du renouvellement des canalisations et la société s'est engagée à embaucher des jeunes sans formation. Franchement, on n'a pas à se plaindre ! Le fermier répond à nos attentes », explique Nathalie Mille. En outre, elle estime que « techniquement, on ne pourra jamais égaler le fonctionnement de la SEERC. On ne pourra pas avoir ce savoir-faire, ou alors à un prix exorbitant ».
Et l'élue d'enfoncer le clou : « On a plein de grands principes, mais il ne faut pas être dogmatique. On ne va pas augmenter les impôts pour satisfaire une poignée d'utopistes ! ».
A défaut de contenter les défenseurs les plus ardents du service public, le discours rassure le fermier. « Nous avons de bonnes relations avec la Ville. La remunicipalisation est un choix politique sur lequel nous ne pouvons pas intervenir. En revanche, je crois que la municipalité est satisfaite de notre travail et reconnaît notre savoir-faire », indique Marc Gorlier, chef de l'agence seynoise de la SEERC. La société, qui affirme ne pas faire de lobbying pour conserver la délégation de service public, avoue prendre « particulièrement soin » de La Seyne. Et pour cause : il s'agit de son plus gros contrat dans le département.
1. Tarif hors assainissement et taxes de l'Agence régionale de l'eau. Tout compris, le prix est de 3,38 euros TTC.
source: Marielle Valmalette - var matin


